Vous possédez le permis côtier et souhaitez préparer des navigations plus éloignées ? Le permis hauturier est une extension du permis plaisance. Son examen évalue surtout votre capacité à préparer et calculer une navigation : lire une carte, tracer une route et tenir compte des courants, de la marée et de la météo.

Schéma de préparation d’un exercice hauturier en trois étapes : reporter la position, tracer la route et mesurer la distance, puis intégrer les conditions
Schéma original TestPermis : une méthode de travail pour les exercices sur carte, à adapter à l’énoncé.

Côtier et hauturier : quelle différence ?

L’option côtière permet de naviguer jusqu’à 6 milles d’un abri. L’extension hauturière permet de dépasser cette limite de distance. Elle ne supprime ni les limites du bateau, ni les obligations d’équipement, ni la responsabilité du chef de bord. Pour situer les différents titres, consultez notre guide sur le permis bateau en France.

Qui peut s’inscrire ?

Il faut posséder l’option côtière ou un ancien titre reconnu correspondant. La seule option eaux intérieures ne suffit pas. Le ministère chargé de la mer précise les conditions d’inscription, l’accès en candidat libre et les services compétents selon le domicile.

Vous pouvez préparer l’épreuve avec un établissement de formation ou vous inscrire directement auprès du service instructeur. Pour l’extension, le ministère indique un timbre fiscal de 38 € correspondant au droit d’inscription. Les éventuels cours et fournitures constituent un budget distinct. Un nouveau certificat médical n’est pas demandé pour une extension selon cette même page.

Examen hauturier : durée et notes

L’article 4 de l’arrêté du 28 septembre 2007, dans sa version en vigueur, prévoit une épreuve de 1 h 30. Il faut obtenir au moins 10/20 au total et au moins 7 à l’épreuve sur carte. La carte spéciale d’examen utilisée est la n° 9999 du SHOM.

Ce n’est pas le QCM de l’option côtière simplement prolongé. Votre préparation doit laisser une place importante aux exercices écrits et au tracé. Demandez au service organisateur la liste du matériel autorisé et les modalités exactes de votre session.

Quel programme faut-il maîtriser ?

  • Lire une carte marine et y reporter une position obtenue par relèvements ou gisements.
  • Calculer variation, caps, dérive liée au vent ou au courant et route sur le fond.
  • Identifier les phares et comprendre les précautions d’usage des aides électroniques.
  • Calculer une marée par rapport à un port principal avec la règle des douzièmes.
  • Interpréter simplement une carte météorologique marine.
  • Connaître le matériel de sécurité au-delà de 6 milles.

Une méthode de préparation en quatre étapes

1. Reprendre les outils

Entraînez-vous à placer un point, mesurer une distance et lire une direction sans chercher immédiatement la vitesse. Notez les unités sur chaque calcul pour éviter les confusions.

2. Séparer les corrections

Pour un exercice de navigation, dessinez d’abord la situation. Inscrivez ensuite les données du vent, du courant et du compas. Vérifiez les signes à chaque étape plutôt que de mémoriser une formule sans comprendre le trajet.

3. Travailler la marée

Refaites plusieurs exercices en expliquant ce que vous cherchez : heure, hauteur ou possibilité de passage. Relisez les hypothèses de l’énoncé avant d’appliquer une règle.

4. Réaliser un examen blanc chronométré

Préparez votre table comme le jour de l’épreuve et gardez du temps pour relire les tracés, les unités et les réponses. Après correction, classez les erreurs par méthode plutôt que par simple résultat.

Préparer aussi la navigation réelle

Obtenir l’extension n’est pas une raison pour augmenter brutalement la difficulté des sorties. Choisissez une première navigation adaptée à votre expérience, préparez des solutions de repli et échangez avec un encadrant expérimenté. Notre dossier sur les règles de sécurité et la réglementation bateau complète la préparation administrative.

Un exemple simple pour relier les calculs à la navigation

Sur un exercice, vous mesurez une distance de 12 milles et retenez une vitesse de 6 nœuds. Le temps théorique de parcours est de deux heures. Ce résultat suppose que les données restent valables : il ne tient pas, à lui seul, compte d’un détour, d’une évolution du courant ou d’un changement d’allure. Notez toujours ce qui est donné par l’énoncé et ce que vous supposez.

Si un courant décale la trajectoire, distinguez l’orientation du bateau et le déplacement réel sur le fond. Dessiner les données aide à comprendre pourquoi ces deux directions peuvent être différentes. L’objectif n’est pas de multiplier les formules, mais de savoir quel résultat vous recherchez et quelle correction vous appliquez.

Préparer une traversée : une décision avant d’être un tracé

Une route paraît parfois simple sur la carte alors que les conditions rendent la sortie peu adaptée à l’équipage. Commencez par définir le projet : destination, temps disponible, expérience des personnes à bord et possibilités de repli. Une sortie courte avec des retours possibles peut être une meilleure première étape qu’une traversée ambitieuse fondée seulement sur la portée du permis.

Consultez les prévisions correspondant à la zone et à la période, puis demandez-vous comment elles influencent votre projet. Un même vent peut modifier le confort, la vitesse réelle et la possibilité d’entrer dans un port. Notre leçon sur la météo, les marées et le bulletin avant la sortie aide à structurer cette préparation.

Révisions sur carte : analyser les erreurs

Erreur observée Contrôle à refaire Exercice utile
Position incohérente Lecture des coordonnées et report Placer plusieurs points puis vérifier le résultat
Temps de parcours irréaliste Distance, vitesse et unités Refaire un calcul simple avant un cas complet
Direction inversée Sens du tracé et ordre des corrections Dessiner les données avant le calcul
Résultat sans justification Étapes intermédiaires et hypothèses Expliquer le raisonnement à voix haute

Corrigez une famille d’erreurs à la fois. Après un exercice raté, refaites un cas voisin avec d’autres valeurs pour vérifier que vous maîtrisez la méthode. Relire seulement la solution donne parfois une impression de facilité qui disparaît devant une nouvelle carte.

Comparer les préparations sans se limiter au prix

Si vous choisissez un accompagnement, demandez comment sont corrigés les tracés et les calculs. Vérifiez la place donnée aux exercices individuels, le matériel à prévoir, les examens blancs et l’aide pour l’inscription. Un nombre d’heures annoncé ne permet pas, seul, de savoir si la préparation répond à vos difficultés.

Pour une préparation autonome, faites une séance de diagnostic avant de fixer votre date d’examen. Si vous bloquez sur la lecture de carte ou les corrections de cap, prévoyez un travail ciblé avant les sujets chronométrés. Construisez un calendrier réaliste : compréhension, exercices par thème, sujets complets, puis relecture des erreurs récurrentes.

Le jour de l’épreuve : garder un raisonnement lisible

Commencez par lire l’ensemble du sujet pour repérer les données communes aux différentes questions. Présentez les étapes et les unités de façon claire. Si un résultat semble incompatible avec le dessin, vérifiez le report et le sens des corrections avant de modifier plusieurs calculs à la fois.

Gardez quelques minutes pour relire les réponses et la carte. La note minimale sur carte rend particulièrement important un travail propre et compréhensible sur cette partie. Après réussite, poursuivez votre apprentissage en navigation réelle : un titre de conduite valide des connaissances, tandis que l’expérience se construit progressivement dans des conditions adaptées.

Questions fréquentes

Peut-on passer le hauturier en candidat libre ?

Oui, auprès du service compétent. Anticipez le dépôt du dossier et les dates proposées.

Faut-il repasser une épreuve pratique ?

L’extension hauturière s’obtient par l’épreuve théorique de navigation ; elle ne reprend pas la formation pratique de la première option.

10/20 suffit-il toujours ?

Non : la note minimale exigée sur carte doit également être atteinte.