VOITURE

Stupéfiants et médicaments

Cours thématique : Le conducteur
Stupéfiants et médicaments

La conduite demande de la vigilance, une bonne vision, des réflexes rapides, une capacité à prendre la bonne décision et à garder le contrôle du véhicule. Les stupéfiants et certains médicaments perturbent ces capacités, parfois même quand la personne a l'impression d'aller bien.

En France, conduire après avoir consommé des stupéfiants est strictement interdit. Pour les médicaments, la règle est différente : certains sont compatibles avec la conduite, d'autres imposent des précautions, et d'autres encore rendent la conduite dangereuse.

Effets des stupéfiants sur la conduite

Les stupéfiants modifient le comportement et les perceptions. Selon la substance, ils peuvent provoquer :

  • une somnolence ou une baisse de vigilance ;
  • un temps de réaction allongé ;
  • une mauvaise appréciation des distances et de la vitesse ;
  • des difficultés à rester dans sa voie ;
  • une prise de risque excessive ;
  • une baisse de concentration ;
  • des troubles de la vision ;
  • un sentiment de confiance trompeur.

Exemples concrets :

  • un conducteur qui a consommé du cannabis peut réagir trop tard à un piéton qui traverse ;
  • après usage de cocaïne ou d'amphétamines, un conducteur peut se sentir très sûr de lui et rouler trop vite ou doubler dangereusement ;
  • après mélange de plusieurs substances, le conducteur peut avoir des réactions imprévisibles.

Même si les effets semblent "passés", les capacités à conduire peuvent rester altérées.

Stupéfiants concernés

Sont notamment concernés :

  • le cannabis ;
  • la cocaïne ;
  • l'ecstasy / MDMA ;
  • les amphétamines ;
  • l'héroïne ;
  • d'autres drogues ou mélanges de substances.

Contrôles par les forces de l'ordre

Les forces de l'ordre peuvent effectuer un dépistage de stupéfiants :

  • après un accident mortel : contrôle obligatoire ;
  • après un accident corporel ;
  • lorsqu'une infraction au code de la route est constatée ;
  • lorsqu'il existe des raisons plausibles de soupçonner un usage de stupéfiants.

Le dépistage se fait souvent par test salivaire. En cas de résultat positif, il peut être complété par des vérifications réglementaires permettant de confirmer l'infraction.

Sanctions en cas de conduite après usage de stupéfiants

La conduite après usage de stupéfiants est un délit.

Sanctions principales prévues par la réglementation française :

  • jusqu'à 2 ans d'emprisonnement ;
  • 4 500 € d'amende ;
  • retrait de 6 points sur le permis de conduire.

Des sanctions complémentaires peuvent aussi être décidées, par exemple :

  • suspension du permis ;
  • annulation du permis avec interdiction de le repasser pendant un certain temps ;
  • immobilisation ou confiscation du véhicule ;
  • obligation de suivre un stage ;
  • peine de travail d'intérêt général ou jours-amende selon la décision du juge.

Si le conducteur a aussi consommé de l'alcool, les sanctions sont plus lourdes. Le mélange alcool + stupéfiants multiplie fortement le risque d'accident : la vigilance baisse, les réactions sont moins bonnes et les décisions sont plus dangereuses.

Médicaments : pourquoi ils peuvent être dangereux

Un médicament prescrit ou vendu sans ordonnance peut être dangereux pour la conduite, même s'il est pris correctement. Certains traitements entraînent :

  • de la somnolence ;
  • des vertiges ;
  • une vision floue ;
  • des difficultés de concentration ;
  • un ralentissement des réflexes ;
  • une agitation inhabituelle ;
  • une baisse de coordination.

Exemples fréquents :

  • certains somnifères ;
  • certains anxiolytiques ;
  • certains antidouleurs ;
  • certains traitements contre les allergies ;
  • certains médicaments contre le rhume ;
  • certains traitements psychiatriques, neurologiques ou antiépileptiques.

Un médicament peut être encore plus dangereux :

  • au début du traitement ;
  • lors d'un changement de dose ;
  • s'il est pris avec de l'alcool ;
  • s'il est associé à d'autres médicaments ;
  • en cas de fatigue ou de manque de sommeil.

Pictogramme sur les boîtes de médicaments

En France, de nombreux médicaments présentent un pictogramme de danger pour la conduite sur la boîte.

boîte de médicament française avec pictogramme officiel de danger pour la conduite, mise au point sur le triangle de couleur, main tenant la boîte, fond neutre, sans autre texte ajouté

Il existe 3 niveaux à connaître :

  • Niveau 1 : soyez prudent. Ne pas conduire sans avoir lu la notice.
  • Niveau 2 : soyez très prudent. Ne pas conduire sans l'avis d'un professionnel de santé.
  • Niveau 3 : attention, danger. Ne pas conduire. Pour reprendre la conduite, demander l'avis d'un médecin.

À retenir simplement :

  • niveau 1 = prudence ;
  • niveau 2 = avis médical conseillé avant de conduire ;
  • niveau 3 = ne pas conduire.

Bons réflexes avant de prendre le volant

Si vous prenez un médicament :

  • lisez la notice ;
  • regardez le pictogramme sur la boîte ;
  • demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien ;
  • testez les effets du traitement avant de conduire, si possible ;
  • évitez de conduire si vous vous sentez fatigué, vaseux, ralenti ou étourdi ;
  • ne mélangez jamais médicament, alcool et conduite ;
  • n'utilisez jamais le traitement d'une autre personne.

Si vous ressentez un effet inhabituel en conduisant, il faut :

  • ralentir ;
  • se garer dans un endroit sûr dès que possible ;
  • arrêter la conduite ;
  • demander un avis médical avant de reprendre le volant.

Sécurité routière et situations à risque

Situations de conduite où le danger augmente fortement

Les effets des stupéfiants ou de médicaments se remarquent encore plus dans les situations qui demandent une réaction rapide :

  • circulation dense en ville ;
  • conduite de nuit ;
  • pluie, brouillard, chaussée glissante ;
  • autoroute à vitesse élevée ;
  • dépassement ;
  • arrivée sur un passage piéton ;
  • proximité d'une école ;
  • insertion sur voie rapide ;
  • freinage d'urgence ;
  • long trajet monotone.

Exemples concrets :

  • en ville, un conducteur somnolent peut ne pas voir un cycliste arriver sur sa droite ;
  • sur autoroute, un conducteur sous médicament sédatif peut faire un écart de trajectoire ou manquer un bouchon ;
  • la nuit, avec une vision moins nette et des réflexes plus lents, un conducteur peut ne pas détecter à temps un animal ou un véhicule arrêté ;
  • à un stop, un conducteur sous stupéfiants peut mal évaluer la vitesse d'une voiture prioritaire.

intérieur d'une voiture sur route française de nuit, conducteur fatigué avec regard flou, phares en face, mains sur le volant, ambiance réaliste de perte de vigilance, sans texte

Différence entre alcool, stupéfiants et médicaments

Il faut bien distinguer les trois :

  • alcool : seuils légaux précis d'alcoolémie ;
  • stupéfiants : la conduite après usage est interdite, sans notion de "petite quantité acceptable" pour conduire ;
  • médicaments : certains permettent de conduire, d'autres non, selon leurs effets et les indications médicales.

Mais dans les trois cas, le danger est le même sur la route : le conducteur peut ne plus être en état de conduire en sécurité.

Responsabilité du conducteur

Le conducteur doit toujours s'assurer qu'il est apte à conduire. Cela signifie qu'avant de prendre le volant, il doit se demander :

  • suis-je bien réveillé ?
  • est-ce que je vois correctement ?
  • est-ce que je peux réagir vite ?
  • ai-je pris un produit ou un traitement qui modifie mon comportement ?
  • puis-je vraiment conduire sans danger pour moi et pour les autres ?

Si la réponse est non, il ne faut pas conduire.

Que faire si l'on a consommé ou si l'on suit un traitement à risque ?

Solutions à adopter :

  • laisser le volant à une personne en état de conduire ;
  • prendre les transports en commun ;
  • utiliser un taxi, un VTC ou un proche ;
  • reporter le trajet ;
  • demander un conseil médical avant un déplacement important.

Ces solutions sont particulièrement importantes pour :

  • les jeunes conducteurs ;
  • les trajets de nuit ;
  • les retours de soirée ;
  • les départs en vacances ;
  • les personnes commençant un nouveau traitement.

Ce qu'il faut retenir pour l'examen du code

Points essentiels à mémoriser :

  • les stupéfiants sont incompatibles avec la conduite ;
  • ils augmentent fortement le risque d'accident ;
  • la conduite après usage de stupéfiants est un délit ;
  • sanction de base à retenir : 2 ans d'emprisonnement, 4 500 € d'amende, 6 points retirés ;
  • le mélange alcool + stupéfiants aggrave fortement le danger et les sanctions ;
  • certains médicaments altèrent la conduite, même avec une prescription ;
  • il faut repérer le pictogramme sur la boîte ;
  • niveau 3 : ne pas conduire ;
  • en cas de doute, demander conseil au médecin ou au pharmacien ;
  • si l'on n'est pas en état, on ne prend pas le volant.

Réflexe sécurité simple

La bonne règle est la suivante :

  • stupéfiants = je ne conduis pas ;
  • médicament avec risque = je vérifie la notice et l'avis d'un professionnel de santé ;
  • si je me sens diminué = j'arrête de conduire.

C'est un point central du permis B : conduire, ce n'est pas seulement savoir manier une voiture, c'est aussi savoir reconnaître quand on n'est pas capable de conduire en sécurité.