Pour le permis Côtier, vous devez savoir reconnaître, comprendre et respecter les signaux visuels utilisés en mer et dans les ports. Ils servent à transmettre rapidement une information essentielle, même sans radio : état de la météo, règles portuaires, danger, interdiction ou autorisation de navigation.
En pratique, ces signaux sont affichés :
- sur les sémaphores,
- dans les ports,
- à proximité des plages,
- sur certains ouvrages portuaires,
- ou par des navires eux-mêmes.
Signaux visuels de météo
Les autorités maritimes diffusent les avis météo par plusieurs moyens : VHF, capitainerie, affichage portuaire, sémaphore. Pour un plaisancier, les signaux visuels permettent d'identifier rapidement un avis de vent fort ou un risque météorologique important.
L'idée à retenir pour l'examen et pour la sécurité réelle est simple :
- un signal météo visuel annonce une dégradation ou un danger potentiel,
- il impose de redoubler de prudence,
- il peut conduire à renoncer à sortir ou à rentrer rapidement au port.
Les cônes et cylindres de tempête
En signalisation maritime traditionnelle, on peut rencontrer des signaux de tempête composés de formes noires visibles de loin :
- cône,
- deux cônes opposés,
- cylindre,
selon les systèmes d'affichage et les zones.
Pour un candidat au permis Côtier, le plus important n'est pas d'apprendre un folklore ancien, mais de comprendre que ces formes signalent un temps dangereux pour la navigation. En France, dans la pratique actuelle, vous verrez surtout l'information météo relayée par :
- les bulletins côtiers,
- les panneaux d'affichage du port,
- les messages VHF,
- les drapeaux de plage,
- les consignes de la capitainerie.
Drapeaux météo et de sécurité sur les plages
À proximité du littoral, la signalisation visuelle la plus concrète pour le plaisancier débutant est celle des plages surveillées. Elle ne remplace pas la météo marine, mais elle donne une indication immédiate sur les conditions locales.
Les couleurs les plus connues sont :
- vert : baignade surveillée avec danger faible,
- jaune/orange : baignade dangereuse mais surveillée,
- rouge : baignade interdite.
Pour le pilote d'un bateau de plaisance, cela signifie aussi :
- mer agitée possible,
- présence importante de baigneurs ou d'engins de plage,
- nécessité de réduire la vitesse,
- vigilance extrême près de la bande littorale.
Si vous approchez une zone avec pavillon rouge sur la plage, vous devez comprendre qu'il existe souvent un risque local fort : houle, courant, vent, orage, ou mer dangereuse.
Signaux portuaires
Dans un port, la signalisation visuelle sert à organiser les mouvements de navires et à éviter les collisions. Elle peut être :
- fixe : panneaux, feux, marques sur les quais,
- lumineuse : feux d'entrée ou de sortie,
- temporaire : interdiction ponctuelle, travaux, dragage,
- réglementaire : vitesse, sens, chenal, zone interdite.
Vous devez toujours observer l'entrée du port avant de vous engager.
Feux d'entrée de port
À l'entrée de nombreux ports, des feux portuaires indiquent si le passage est praticable ou réglementé.
Cas les plus courants :
- feu vert : entrée ou passage autorisé selon l'organisation locale,
- feu rouge : entrée ou sortie interdite,
- parfois une combinaison de feux ou un balisage spécifique selon les ouvrages.
La règle pratique :
- ne jamais forcer l'entrée d'un port si un signal rouge l'interdit,
- ralentir avant l'avant-port,
- vérifier le trafic sortant,
- se tenir prêt à manœuvrer en sécurité.

Panneaux portuaires à connaître
Dans les ports de plaisance, vous rencontrerez souvent des panneaux inspirés de la signalisation fluviale ou locale. Ils indiquent notamment :
- limitation de vitesse,
- interdiction de vagues,
- interdiction de mouiller,
- chenal réservé,
- zone de baignade interdite à la navigation,
- accès réglementé,
- travaux en cours.
Exemple concret :
- vous rentrez dans un port après une sortie pêche,
- un panneau limite la vitesse à 3 nœuds,
- même si personne ne semble gêner, vous devez respecter cette vitesse,
- car le risque principal est de créer du clapot et des remous dangereux pour les annexes, les pontons et les nageurs.
Signaux liés aux activités et aux dangers
Certains signaux visuels signalent une activité particulière ou un danger local :
- travaux maritimes,
- dragage,
- plongée sous-marine,
- zone de compétition nautique,
- zone militaire ou réglementée,
- câble sous-marin ou conduite.
Dans tous ces cas, le bon réflexe est de :
- ralentir,
- identifier précisément le signal,
- garder ses distances,
- ne pas gêner l'activité signalée,
- si besoin, demander confirmation par VHF ou à la capitainerie.
Signal de plongée
Un plongeur ou une opération de plongée peut être signalé par des marques ou pavillons spécifiques. Pour vous, cela signifie une règle simple :
- ne pas approcher rapidement,
- réduire très fortement votre vitesse,
- vous écarter franchement de la zone.
Un pilote débutant doit retenir que la présence d'un signal de plongée signifie qu'une personne peut se trouver sous l'eau, invisible depuis la surface.
Signaux de détresse et réactions du plaisancier
Les signaux visuels de détresse servent à montrer qu'un navire, une embarcation ou une personne est en danger grave et a besoin d'une assistance immédiate. Ils sont réglementés au niveau international et reconnus en France.
Vous devez savoir :
- les reconnaître,
- ne jamais les utiliser sans motif réel,
- porter assistance si vous êtes en mesure de le faire sans vous mettre en danger.
Principaux signaux visuels de détresse
Les signaux visuels de détresse les plus importants à connaître pour le permis Côtier sont :
- fusées rouges à parachute,
- feux rouges à main,
- fumigènes orange,
- pavillon N au-dessus du pavillon C,
- signaux lumineux ou gestes manifestement destinés à demander du secours.
Fusée rouge à parachute
La fusée rouge à parachute est visible de très loin, de jour comme de nuit. Elle est utilisée quand la détresse doit être signalée à grande distance.
À retenir :
- couleur rouge,
- monte haut,
- redescend lentement sous parachute,
- signifie une détresse réelle.
Si vous en voyez une en mer :
- considérez-la comme un appel de détresse,
- relevez la direction,
- notez l'heure,
- écoutez la VHF,
- prévenez le CROSS si nécessaire.
Feu rouge à main
Le feu rouge à main produit une lumière rouge intense. Il est particulièrement utile à plus courte distance, notamment pour se faire repérer par un navire ou les secours.
Utilisation type :
- de nuit,
- à l'approche des secours,
- ou lorsqu'un autre navire est visible à proximité.
Fumigène orange
Le fumigène orange est surtout efficace de jour. Il produit un nuage orange très visible, utile pour signaler précisément sa position à un hélicoptère, à un avion ou à un bateau de secours.
Il complète souvent les autres moyens de détresse.

Pavillon N sur C
L'association du pavillon N au-dessus du pavillon C constitue un signal international de détresse.
Il signifie : je suis en détresse et demande assistance.
Ce signal peut être utilisé lorsqu'on dispose de pavillons à bord et qu'on veut exprimer clairement une situation de danger.
Autres manifestations visuelles de détresse
Doivent également vous alerter :
- mouvements de bras répétés pour appeler au secours,
- lumière inhabituelle ou répétée cherchant manifestement à attirer l'attention,
- embarcation immobile dans une situation anormale,
- personne à l'eau agrippée à un objet et faisant signe.
Le bon marin ne se contente pas de penser « ce n'est peut-être rien ». Il vérifie.
Ce qu'il faut faire si vous observez une détresse
En France, l'assistance à une personne en danger en mer est une obligation morale et juridique, dans la mesure où elle peut être apportée sans danger grave pour votre propre équipage.
Votre conduite doit être méthodique :
- gardez le contact visuel avec la zone,
- appréciez votre sécurité avant toute approche,
- prévenez le CROSS par VHF canal 16 ou par téléphone si possible,
- donnez votre position, la nature du signal observé, l'heure, le nombre de personnes si vous le savez,
- restez disponible pour relayer ou assister selon les consignes.
Exemple concret de bonne réaction
Vous naviguez à 3 milles d'un port de la côte atlantique. Vous apercevez un fumigène orange sur bâbord avant.
Bonne réaction :
- vous ralentissez,
- vous pointez la direction,
- vous vérifiez qu'il ne s'agit pas d'un exercice portuaire connu,
- vous écoutez la VHF,
- vous contactez le CROSS si aucun message n'est déjà en cours,
- vous restez prêt à intervenir si on vous le demande et si cela ne met pas votre bateau en péril.
Mauvaise réaction :
- continuer votre route en pensant que « quelqu'un d'autre appellera ».
Ce qu'il ne faut jamais faire
Il est interdit et dangereux de :
- déclencher un signal de détresse pour plaisanter,
- utiliser une fusée rouge pour un simple retard ou une panne mineure sans danger immédiat,
- ignorer un signal sous prétexte qu'il est peut-être ancien ou mal vu,
- entrer dans un port malgré un signal d'interdiction,
- naviguer vite près d'une zone signalée comme dangereuse ou occupée.
L'usage abusif des moyens de détresse peut entraîner :
- mobilisation inutile des secours,
- mise en danger d'autres personnes,
- sanctions.
Méthode simple à retenir pour l'examen
Quand vous voyez un signal visuel, posez-vous toujours 3 questions :
- Qui émet le signal ? port, plage, navire, secours, activité spéciale ;
- Que m'indique-t-il ? autorisation, interdiction, danger, météo, détresse ;
- Quelle action dois-je faire ? ralentir, m'écarter, attendre, rentrer au port, alerter, porter assistance.
Résumé ultra-pratique
À mémoriser :
- rouge = souvent danger, interdiction ou détresse ;
- dans un port, observez toujours les feux et panneaux avant d'entrer ;
- près d'une plage, adaptez votre vitesse et tenez compte des pavillons ;
- un fumigène orange, une fusée rouge ou un feu rouge à main = détresse ;
- en cas de doute, considérez le signal comme sérieux et demandez confirmation ;
- si vous pouvez aider sans vous mettre en danger, vous devez réagir.
