Matériel obligatoire permis côtier
En navigation de plaisance, la sécurité à bord repose d'abord sur le bon matériel, en état de fonctionnement, accessible rapidement et adapté au bateau. Pour l'examen du permis Côtier, il faut connaître les grands principes de la réglementation française et savoir raisonner en situation réelle.
Le matériel obligatoire dépend notamment de la distance d'éloignement d'un abri. En permis Côtier, on rencontre surtout la navigation basique et côtière.
Notion essentielle : l'abri
Un abri est un endroit où le bateau et son équipage peuvent soit :
- mouiller,
- accoster,
- ou se mettre en sécurité,
avec la possibilité d'en repartir sans assistance, compte tenu :
- de l'état de la mer,
- du vent,
- des caractéristiques du bateau.
Ce n'est donc pas seulement un port sur la carte : un endroit peut être proche, mais ne pas constituer un véritable abri si les conditions météo ou la configuration des lieux rendent l'accès dangereux.
Division du matériel de sécurité
Navigation basique : jusqu'à 2 milles d'un abri
Le chef de bord doit disposer d'un armement et matériel de sécurité basique. On retrouve notamment :
- Équipement individuel de flottabilité pour chaque personne embarquée, ou aide à la flottabilité conforme
- Moyen de repérage lumineux par personne (souvent une lampe ou un dispositif lumineux individuel, selon l'équipement embarqué)
- Dispositif d'assèchement manuel : écope ou pompe de cale manuelle si le bateau l'exige
- Dispositif de remorquage
- Ligne de mouillage adaptée, sauf exception selon la conception du navire
- Moyen de lutter contre l'incendie si le moteur, les réservoirs ou les installations le rendent nécessaire
- Dispositif coupe-circuit pour les bateaux à moteur équipés
- Annuaire des marées à jour dans les zones concernées
Navigation côtière : de 2 à 6 milles d'un abri
Il faut embarquer le matériel basique, plus un complément de sécurité, notamment :
- Trois feux rouges à main conformes et en cours de validité
- Compas magnétique conforme ou dispositif équivalent autorisé
- Carte marine ou support électronique de navigation adapté à la zone fréquentée
- Règlement international pour prévenir les abordages en mer (RIPAM), éventuellement sous forme d'extraits utiles
- Description du balisage de la zone fréquentée
Selon le bateau et l'équipement embarqué, d'autres obligations pratiques peuvent s'imposer, par exemple en matière de lutte contre l'incendie ou de sécurité du circuit carburant.
Équipements individuels : règles à connaître
Chaque personne à bord doit disposer d'un gilet ou équipement de flottabilité adapté :
- à sa morphologie,
- à son poids,
- au type de navigation,
- et en bon état.
Un gilet rangé dans un coffre inaccessible sous du matériel n'est pas correctement disponible. En pratique, il doit être :
- facilement repérable,
- rapidement enfilable,
- connu de tous les passagers.
Pour les enfants, l'équipement doit être spécialement adapté à leur taille et à leur poids.
Matériel obligatoire et bon sens marin
À l'examen comme en mer, il faut comprendre qu'un matériel "obligatoire" n'est utile que s'il est :
- présent à bord,
- conforme,
- en état de marche,
- immédiatement utilisable.
Exemples concrets :
- Un feu rouge à main périmé ne remplit plus correctement sa fonction.
- Une lampe sans piles ou déchargée est inutile.
- Une pompe de cale bloquée ne permet pas d'assécher le bateau.
- Un gilet enfermé dans un sac sous l'ancre n'aide pas en cas de chute à l'eau.
Vérifications sécurité avant départ
Le permis Côtier attend aussi une logique de chef de bord responsable. Avant d'appareiller, il faut vérifier la sécurité du bateau, du matériel et des personnes.
Contrôles indispensables avant de partir
1. Vérifier les personnes embarquées
Le chef de bord doit s'assurer :
- du nombre exact de personnes à bord,
- de la présence d'un gilet par personne,
- de l'information donnée aux passagers sur les consignes de sécurité,
- de l'état particulier de certains passagers : enfants, personnes âgées, non-nageurs, personnes stressées.
En pratique, on montre :
- où sont les gilets,
- comment les enfiler,
- où se trouve la radio si le bateau en possède une,
- où sont les moyens de détresse,
- comment couper le moteur si nécessaire.
2. Vérifier le bateau
Le chef de bord contrôle notamment :
- le niveau de carburant,
- la batterie,
- le bon fonctionnement du moteur,
- la présence du coupe-circuit et de son cordon,
- l'absence de voie d'eau,
- l'état des amarres,
- la disponibilité du mouillage.
Sur un bateau à moteur, le coupe-circuit est essentiel. Si le pilote tombe à l'eau, il permet l'arrêt du moteur lorsqu'il est relié au conducteur.
3. Vérifier la météo et l'environnement
Avant toute sortie, il faut consulter :
- la météo marine,
- la force et la direction du vent,
- l'état de la mer,
- les horaires de marée si la zone est concernée,
- les particularités locales : courant, hauts-fonds, chenaux, zones interdites.
Un bateau autorisé à naviguer jusqu'à 6 milles d'un abri ne doit pas sortir si les conditions rendent la navigation dangereuse pour l'équipage ou inadaptée au navire.
Exemples concrets de situations
Exemple 1 : promenade à 1 mille d'un port
Vous partez pour une courte sortie à proximité du littoral, toujours à moins de 2 milles d'un abri. Il faut au minimum l'armement basique.
Si un ami demande : "Les gilets sont bien à bord, mais au fond du coffre avant, ça suffit ?" La bonne réponse est non en pratique : ils doivent être facilement accessibles et chaque passager doit savoir où ils se trouvent.
Exemple 2 : sortie pêche à 4 milles d'un abri
Vous naviguez en navigation côtière. Les trois feux rouges à main, le compas, la documentation nautique utile et le matériel basique doivent être présents.
Si vous avez oublié les feux rouges à main, vous n'êtes pas en conformité pour cette navigation.
Exemple 3 : passager enfant à bord
Même pour une mer calme et une sortie courte, un enfant doit avoir un gilet adapté à son gabarit. Un gilet adulte trop grand est dangereux, car il peut mal maintenir la tête hors de l'eau.
Exemple 4 : contrôle en mer
Lors d'un contrôle, les autorités peuvent vérifier :
- le matériel de sécurité,
- sa conformité,
- son accessibilité,
- sa validité,
- et la cohérence entre votre zone de navigation et l'armement embarqué.
Avoir le matériel "quelque part" ne suffit pas si son utilisation immédiate est impossible.
Règles de comportement sécurité à retenir pour l'examen
Le chef de bord doit toujours :
- anticiper,
- équiper correctement le bateau,
- informer les passagers,
- adapter la sortie à la météo et au niveau de l'équipage,
- renoncer si les conditions sont mauvaises.
Pièges fréquents en question d'examen
- Confondre distance d'un abri et distance de la côte
- Penser qu'un matériel obligatoire peut être laissé hors d'usage
- Oublier que le matériel doit être adapté au nombre de personnes embarquées
- Croire qu'un port proche est toujours un abri utilisable
- Négliger les feux rouges à main en navigation côtière
- Oublier le compas ou la documentation de navigation
- Penser que le gilet n'est utile qu'en cas de mauvais temps
Réflexe pratique
Avant de larguer les amarres, posez-vous toujours 5 questions simples :
- Combien sommes-nous à bord ?
- Chaque personne a-t-elle son gilet ?
- Le bateau peut-il être asséché, remorqué, mouillé et arrêté en sécurité ?
- Ai-je le bon matériel pour ma distance d'éloignement d'un abri ?
- La météo permet-elle réellement la sortie ?
Si une réponse est incertaine, il faut corriger avant le départ.