Objectif de la leçon : savoir conduire de nuit à moto en utilisant correctement les feux, en adaptant la vitesse à la visibilité et en repérant assez tôt les signes de fatigue.
- Une moto doit disposer d’un ou deux feux de croisement éclairant efficacement la route sur au moins 30 mètres sans éblouir.
- Les feux de route permettent d’éclairer au moins 100 mètres par temps clair, mais doivent être remplacés par les feux de croisement dès qu’ils risquent d’éblouir.
- La nuit, réduisez votre allure dès que votre visibilité ne permet plus d’anticiper correctement un obstacle.
- En cas de fatigue ou de somnolence, la bonne réponse est de s’arrêter et se reposer.
1. Vérifier l’éclairage avant de partir
La nuit, l’éclairage sert à la fois à voir et à être vu. Avant de prendre la route, contrôlez le feu de croisement, le feu de route, le feu arrière, le feu stop, l’éclairage de plaque et les clignotants.
Le Code de la route prévoit qu’une motocyclette soit équipée à l’avant d’un ou deux feux de croisement. Ils doivent éclairer efficacement la route, par temps clair, sur une distance minimale de 30 mètres sans éblouir les autres conducteurs. Une motocyclette doit également disposer d’un ou deux feux de route, dont la portée minimale réglementaire est de 100 mètres par temps clair.
Portée minimale : 30 m. À utiliser lorsque les feux de route risquent d’éblouir.
Portée minimale : 100 m par temps clair. À réserver aux situations où ils ne gênent aucun autre usager.
Réflexe moto : si le phare est mal réglé, sale ou partiellement masqué, la zone réellement visible devant la moto diminue. Nettoyez l’optique et vérifiez l’éclairage avant un trajet nocturne important.
À moto, l’éclairage ne concerne pas seulement la nuit : de jour, les motocyclettes doivent aussi circuler avec leurs feux de croisement ou leurs feux de circulation diurne allumés.
2. Feux de route ou feux de croisement ?
Les feux de route sont utiles sur une route sombre lorsque vous ne risquez pas d’éblouir un autre usager. Ils doivent cependant être remplacés par les feux de croisement suffisamment tôt :
- lorsque vous allez croiser un autre véhicule ;
- lorsque vous suivez un véhicule à faible distance ;
- plus généralement, dès que les feux de route risquent d’éblouir quelqu’un.
Les « pleins phares » ne sont pas toujours la meilleure réponse de nuit. S’ils gênent un conducteur arrivant en face ou un véhicule que vous suivez, il faut repasser en feux de croisement suffisamment tôt.
3. Adapter sa vitesse à la zone réellement visible
La nuit réduit la perception des distances, des contrastes et des détails. Un piéton vêtu sombre, un animal, un véhicule arrêté ou un virage peuvent apparaître plus tard qu’en plein jour.
Votre allure doit donc rester compatible avec la distance dans laquelle vous pouvez identifier un danger et réagir. Sur une route sinueuse, étroite ou inconnue, réduisez la vitesse avant la zone où la visibilité se dégrade.
Évitez aussi de fixer les phares d’un véhicule venant en sens inverse. Gardez le regard dirigé vers votre trajectoire et les repères utiles de la chaussée. Après un éblouissement, accordez-vous une marge supplémentaire avant de reprendre une allure plus élevée.
4. Repérer les dangers spécifiques à la nuit
Piétons, cyclistes et véhicules peu visibles
Un usager mal éclairé ou habillé de couleurs sombres peut être détecté tardivement. À l’approche d’un passage piéton, d’un arrêt de bus, d’une intersection ou d’une zone habitée, réduisez votre allure et cherchez activement les silhouettes et mouvements sur les côtés de la chaussée.
Animaux sur les routes rurales
La faune est particulièrement difficile à anticiper dans les secteurs boisés ou ruraux. Un animal peut apparaître brusquement dans la lumière du phare.
Pour approfondir ces situations, révisez aussi Les zones de danger.
5. Fatigue et somnolence : ne pas lutter
La nuit correspond à une période où l’organisme est naturellement plus vulnérable à la somnolence. La Sécurité routière recommande de partir reposé, de faire des pauses régulières et d’éviter de rouler longtemps la nuit lorsque cela peut être évité.
Les signes d’alerte sont notamment les bâillements, les paupières lourdes, le regard qui se fixe, les picotements des yeux ou une baisse de concentration. Si l’un de ces signes apparaît, arrêtez-vous dans un endroit sûr.
Sur un long trajet, une pause toutes les deux heures constitue un bon repère. Si vous ressentez réellement de la somnolence, le repos ou une courte sieste est prioritaire. Le café peut parfois accompagner une pause, mais il ne remplace pas le sommeil et ne justifie jamais de poursuivre la route en étant somnolent.
Si une question oppose « continuer grâce au café » à « s’arrêter et se reposer », choisissez l’arrêt et le repos. La fatigue et la somnolence diminuent la vigilance et augmentent le risque d’erreur.
Pour réviser ce risque plus en détail, consultez État du conducteur : gestion de la fatigue.
6. Conduire de nuit sous la pluie ou par mauvaise visibilité
La pluie, le brouillard ou une chaussée mouillée compliquent encore la conduite nocturne : les reflets peuvent masquer le marquage, les distances sont plus difficiles à évaluer et l’adhérence diminue.
- réduisez votre vitesse ;
- augmentez vos marges de sécurité ;
- évitez les freinages brusques sur les marquages ou surfaces glissantes ;
- utilisez les feux adaptés à la visibilité sans éblouir.
La leçon Conduire selon le climat complète ces règles pour la pluie, le brouillard et les autres conditions difficiles.
7. Vérifiez vos acquis
- Vous arrivez derrière une voiture à faible distance avec les feux de route allumés. Que faites-vous ?
Vous passez en feux de croisement pour ne pas éblouir le conducteur. - Vous ressentez des bâillements répétés et les paupières lourdes. Quel est le bon réflexe ?
Vous vous arrêtez dans un endroit sûr et vous vous reposez. - Une route rurale est sombre et votre champ de vision est limité. Quelle adaptation est prioritaire ?
Réduire l’allure afin de conserver du temps pour réagir à un obstacle.