Réagir en sécurité sur la route
L'arrêt d'urgence et l'immobilisation involontaire sont deux situations différentes, mais dans les deux cas le conducteur doit protéger, alerter et se rendre visible sans créer un nouveau danger.
Bien distinguer les deux situations
- Arrêt d'urgence : vous décidez de vous arrêter immédiatement à cause d'un danger grave ou d'un problème soudain.
- Exemples : malaise du conducteur, fumée sous le capot, bruit mécanique anormal, pneu qui éclate, chargement mal arrimé, obstacle imprévu.
- Immobilisation involontaire : votre véhicule ne peut plus continuer alors que vous ne l'avez pas choisi.
- Exemples : panne, batterie déchargée, panne d'essence, crevaison, accident matériel, véhicule enlisé ou bloqué.
Dans les deux cas, l'objectif est toujours de :
- quitter la circulation active si possible ;
- éviter le suraccident ;
- prévenir les autres usagers ;
- se mettre hors de danger.
Où s'arrêter si c'est possible
Vous devez chercher à immobiliser le véhicule dans un endroit qui gêne le moins possible et protège au mieux les personnes :
- sur le bas-côté ;
- sur une bande d'arrêt d'urgence sur autoroute ou route à chaussées séparées ;
- sur un accotement stabilisé ;
- dans une aire de repos, un parking, un renfoncement ou une zone de refuge.
À éviter absolument, sauf impossibilité totale :
- au milieu d'une voie ;
- dans un virage ;
- juste après un sommet de côte ;
- sur un passage à niveau ;
- dans un tunnel ;
- dans un carrefour ;
- sur un passage piéton ou une piste cyclable.
Les premiers gestes à faire
Dès que vous sentez qu'un arrêt est nécessaire :
- gardez votre calme ;
- allumez les feux de détresse ;
- ralentissez progressivement, sans coup de volant brusque ;
- contrôlez dans les rétroviseurs ce qui se passe autour de vous ;
- serrez le plus possible à droite si la configuration le permet ;
- immobilisez le véhicule ;
- serrez le frein de stationnement ;
- coupez le moteur si nécessaire.
Si la visibilité est mauvaise, la signalisation du véhicule devient encore plus importante :
- feux de détresse systématiquement en cas de danger ou d'obstacle temporaire pour les autres ;
- feux de position si le véhicule reste immobilisé dans certaines conditions de faible visibilité ou la nuit, selon la situation ;
- ne restez pas dans une voiture mal placée si cela vous expose au trafic.
Gilet et triangle : ce qu'il faut savoir
En voiture, vous devez disposer au minimum de :
- un gilet de haute visibilité ;
- un triangle de présignalisation.
Le gilet doit être à portée de main dans l'habitacle, pas au fond du coffre si vous devez sortir sur une route dangereuse.
Le triangle n'est pas posé dans tous les cas. Il ne faut le mettre en place que si cela ne met pas votre vie en danger.
Règle essentielle :
- sur route ordinaire, le triangle se place en amont du véhicule, à une distance suffisante pour prévenir les autres usagers, souvent autour de 30 mètres selon la configuration ;
- il doit être visible par les conducteurs qui arrivent ;
- sur autoroute, sur voie rapide ou dès que la pose est dangereuse, il vaut mieux ne pas l'installer si vous devez marcher à proximité du trafic.
Ce qu'il faut faire sur autoroute
L'autoroute est l'endroit le plus dangereux en cas d'arrêt imprévu.
Si votre véhicule tombe en panne ou doit s'arrêter :
- rejoignez si possible la bande d'arrêt d'urgence ;
- garez-vous le plus à droite possible, roues tournées à droite si possible ;
- allumez les feux de détresse ;
- faites sortir tous les occupants du côté droit si possible ;
- mettez le gilet avant de sortir ;
- placez tout le monde derrière la glissière de sécurité, loin du véhicule ;
- ne restez jamais entre la voiture et la circulation ;
- appelez les secours ou le service d'assistance via une borne d'appel d'urgence si elle est accessible en sécurité, ou via le 112.
Sur autoroute, il est très important de comprendre que :
- même à l'arrêt, votre véhicule peut être percuté violemment ;
- un dépannage sur autoroute est organisé par des professionnels agréés ;
- il ne faut pas tenter une réparation improvisée au bord des voies.
Si vous êtes immobilisé dans un tunnel
Le tunnel est un lieu particulièrement à risque, surtout en cas de fumée ou d'incendie.
Il faut :
- allumer les feux de détresse ;
- essayer de rejoindre une issue de secours ou une zone prévue si le véhicule peut encore rouler ;
- si le véhicule ne peut plus avancer, stationner au plus près du bord droit ;
- couper le moteur ;
- laisser les clés si nécessaire pour permettre l'intervention ;
- faire sortir les occupants ;
- rejoindre une issue de secours ;
- utiliser les équipements d'alerte du tunnel.
Ne faites jamais demi-tour et ne marchez pas sur la chaussée si une issue protégée existe.
Cas particuliers fréquents à l'examen et en conduite réelle
Crevaison
- tenez fermement le volant ;
- ralentissez sans freinage violent ;
- rangez-vous hors de la circulation ;
- sur autoroute, ne changez pas la roue au bord de la voie si cela vous expose.
Malaise ou fatigue soudaine
- arrêtez-vous dès que possible dans un lieu sûr ;
- activez les feux de détresse ;
- demandez de l'aide ;
- ne repartez pas tant que votre état n'est pas compatible avec la conduite.
Fumée ou début d'incendie
- immobilisez-vous rapidement dans un lieu dégagé ;
- coupez le moteur ;
- faites évacuer les passagers ;
- éloignez-vous ;
- appelez les secours.
Véhicule bloqué sur un passage à niveau
C'est une urgence absolue.
- faites sortir immédiatement tous les occupants ;
- évacuez loin de la voie ferrée ;
- alertez sans délai grâce au signalement d'urgence du passage à niveau ou en appelant les secours.
Signalisation, secours et règles à connaître
Quand alerter et qui appeler
Vous devez alerter si :
- votre véhicule gêne dangereusement la circulation ;
- il y a un accident ;
- il y a des blessés ;
- vous êtes sur autoroute, voie rapide, tunnel ou un lieu à risque ;
- votre véhicule ne peut pas être déplacé rapidement.
Numéros utiles :
- 112 : numéro d'urgence européen ;
- 18 : sapeurs-pompiers ;
- 17 : police ou gendarmerie ;
- bornes d'appel d'urgence sur autoroute ou certains axes.
Quand vous donnez l'alerte, indiquez clairement :
- le lieu précis ;
- le type de route ;
- le sens de circulation ;
- le nombre de véhicules concernés ;
- la présence éventuelle de blessés ;
- les dangers particuliers : feu, fumée, obstacle, fuite.
Immobilisation involontaire la nuit ou par mauvaise visibilité
La nuit, sous la pluie, dans le brouillard ou en cas de faible visibilité, un véhicule immobilisé est beaucoup plus difficile à percevoir.
Il faut donc :
- rendre le véhicule visible avec les feux adaptés ;
- utiliser les feux de détresse si le véhicule constitue un danger immédiat ;
- porter le gilet rétro-réfléchissant avant de sortir ;
- éviter de marcher sur la chaussée ;
- se placer dans une zone protégée.
Ce qu'il ne faut pas faire
Erreurs fréquentes et dangereuses :
- freiner brusquement sans prévenir les autres ;
- s'arrêter là où le véhicule n'est pas visible ;
- sortir côté circulation ;
- rester assis dans le véhicule sur une voie rapide ;
- poser le triangle alors que cela oblige à marcher dans une zone mortelle ;
- essayer de réparer au milieu du trafic ;
- laisser des passagers, surtout des enfants, près de la chaussée ;
- oublier d'alerter lorsque la situation dépasse la simple panne sans danger.
Ce que le code de la route attend de vous
Un candidat au permis B doit montrer qu'il sait :
- reconnaître une situation anormale ;
- décider rapidement d'un arrêt de sécurité ;
- utiliser les feux de détresse à bon escient ;
- choisir un emplacement moins dangereux ;
- protéger les passagers ;
- utiliser correctement gilet et triangle ;
- adopter le bon comportement sur autoroute ;
- alerter les secours si nécessaire.
Méthode simple à retenir
Vous pouvez mémoriser l'ordre suivant :
- Je me range si possible.
- Je signale avec les feux de détresse.
- Je protège les personnes.
- Je mets le gilet avant de sortir.
- Je sors en sécurité et je me place à l'abri.
- Je pose le triangle seulement si c'est sans danger.
- J'alerte les secours ou l'assistance.
Exemple concret de conduite
Vous roulez à 110 km/h sur une voie rapide et vous entendez un bruit fort, puis la voiture tire à droite.
La bonne réaction :
- vous gardez le volant fermement ;
- vous allumez les feux de détresse ;
- vous ralentissez progressivement ;
- vous rejoignez la bande d'arrêt d'urgence ;
- vous immobilisez le véhicule le plus à droite possible ;
- vous mettez le gilet ;
- vous faites sortir les passagers côté droit ;
- vous passez derrière la glissière ;
- vous appelez l'aide.
La mauvaise réaction serait de :
- freiner brutalement ;
- rester dans l'habitacle ;
- chercher la roue de secours côté circulation ;
- marcher sur la bande d'arrêt d'urgence sans nécessité.
Point clé pour l'examen
L'idée centrale à retenir est la suivante : en cas d'arrêt d'urgence ou d'immobilisation involontaire, la priorité n'est pas le véhicule, mais la sécurité des personnes.
[IMG:Triangle de présignalisation officiel sur route française hors agglomération, placé en amont d'une voiture immobilisée sur accotement, angle bas montrant la distance et la visibilité pour les conducteurs arrivant de face]