Objectif de la leçon : comprendre comment la vision et l’audition à moto participent à la sécurité, connaître les principales exigences médicales applicables au permis A1, A2 et A, et savoir réagir en cas de baisse de ses capacités sensorielles.
- Les permis A1, A2 et A appartiennent au groupe 1, dit « groupe léger », pour l’aptitude médicale à la conduite.
- L’acuité visuelle exigée s’apprécie avec correction si nécessaire et porte notamment sur la vision binoculaire.
- Une affection susceptible d’altérer l’aptitude à conduire peut nécessiter l’avis d’un médecin agréé.
- L’audition aide à percevoir l’environnement, mais une déficience auditive ne doit pas être confondue avec une interdiction automatique de conduire une moto.
1. Pourquoi la vision est essentielle à moto
À moto, la vision sert à lire la signalisation, apprécier la trajectoire, détecter un piéton ou un véhicule, repérer une dégradation de chaussée et anticiper les mouvements des autres usagers. Le motard doit alterner regard lointain, contrôles des rétroviseurs et vérification directe des angles morts lorsque la situation l’exige.
La réglementation médicale ne se résume pas à « bien lire de loin ». Elle prend en compte plusieurs fonctions visuelles : acuité visuelle, champ visuel, vision crépusculaire, sensibilité à l’éblouissement et aux contrastes, ainsi que certains troubles comme la diplopie.
2. Acuité visuelle : la règle pour le permis moto
L’arrêté du 28 mars 2022 classe les permis A1, A2 et A dans le groupe 1. Pour ce groupe, une acuité visuelle binoculaire inférieure à 5/10, avec correction si nécessaire, constitue une incompatibilité avec la conduite.
Il est faux d’affirmer qu’il faut obligatoirement 5/10 à chaque œil. La règle de base du groupe 1 porte sur l’acuité visuelle binoculaire. En cas de perte importante de la vision d’un œil, des règles spécifiques s’appliquent à l’autre œil et une période d’adaptation peut être nécessaire.
Si une correction optique est nécessaire pour satisfaire aux exigences, elle doit être utilisée conformément aux restrictions portées sur le permis. Avant de rouler, les lunettes doivent être propres, correctement ajustées sous le casque et compatibles avec l’écran ou la visière.
3. Le champ visuel et la détection latérale
Le champ visuel permet de percevoir ce qui se passe autour du point regardé. Pour le groupe 1, un champ visuel horizontal binoculaire inférieur à 120° est incompatible avec la conduite ; le texte prévoit également des exigences d’extension vers la gauche, la droite, le haut et le bas ainsi que l’absence de certains défauts centraux.
Sur la route, cette capacité aide à détecter un mouvement latéral, mais elle ne remplace jamais les contrôles. Avant un changement de voie ou une manœuvre, utilisez les rétroviseurs puis contrôlez l’angle mort lorsque nécessaire.
4. Éblouissement, contraste et conduite de nuit
Un soleil bas, des phares la nuit, la pluie ou un pare-brise sale peuvent réduire fortement la qualité des informations visuelles. La réglementation médicale tient notamment compte de la sensibilité à l’éblouissement, des contrastes et de la vision crépusculaire lorsqu’une affection les altère.
Pour limiter le risque : gardez une visière propre et non rayée, adaptez votre allure à la visibilité et évitez toute protection solaire trop sombre lorsque la luminosité devient faible. Des lunettes solaires adaptées peuvent réduire l’inconfort en plein jour, mais elles ne doivent jamais compromettre la vision.
5. Audition : utile, mais pas une interdiction automatique
L’audition apporte des informations complémentaires : sirène d’un véhicule prioritaire, avertisseur sonore, bruit inhabituel d’un véhicule ou environnement d’un passage à niveau. À moto, le vent et le casque peuvent cependant masquer certains sons : la sécurité ne doit donc jamais reposer uniquement sur l’ouïe.
Une surdité ne signifie pas automatiquement qu’un permis moto est impossible. Ce sont les affections médicales et leurs conséquences sur l’aptitude à conduire qui sont évaluées selon les règles du groupe 1. Lorsqu’une affection relevant de l’arrêté est connue, le conducteur doit solliciter l’avis d’un médecin agréé.
Si vous percevez moins bien un son, compensez par une observation visuelle plus rigoureuse : rétroviseurs, angles morts, environnement des intersections et recherche des signaux lumineux des véhicules prioritaires.
6. Protections auditives et écouteurs
Le bruit aérodynamique prolongé peut être fatigant. Des protections auditives conçues pour atténuer le bruit peuvent être utilisées à condition de conserver une perception suffisante de l’environnement. Elles ne doivent pas être confondues avec des écouteurs ou oreillettes portés à l’oreille pour écouter du contenu pendant la conduite, dont l’usage est réglementé.
7. Quand demander un avis médical ?
Le Code de la route et l’arrêté médical ne prévoient pas un examen de vision et d’audition périodique obligatoire pour tous les motocyclistes. En revanche, le conducteur atteint d’une affection médicale figurant dans les annexes applicables doit solliciter l’avis d’un médecin agréé dès qu’il en a connaissance.
En pratique, si votre vision baisse, si vous souffrez d’une vision double, d’une perte brutale de vision, de vertiges ou d’un trouble sensoriel susceptible d’affecter la conduite, ne vous contentez pas d’adapter votre vitesse : faites évaluer la situation par un professionnel de santé et, lorsque la réglementation l’exige, par un médecin agréé.
8. Les bons réflexes avant de partir
- Porter la correction visuelle prescrite et vérifier qu’elle est compatible avec le casque.
- Nettoyer la visière et les lunettes avant de rouler.
- Ne pas partir si un trouble visuel soudain empêche de percevoir correctement la route.
- Augmenter les marges de sécurité lorsque la visibilité est dégradée.
- Utiliser l’audition comme information complémentaire, jamais comme seul moyen de détecter un danger.
9. Vérifiez vos acquis
- Pour le permis moto du groupe 1, faut-il obligatoirement 5/10 à chaque œil ?
Non. La règle générale porte notamment sur une acuité visuelle binoculaire d’au moins 5/10, avec des dispositions spécifiques lorsque la vision d’un œil est très faible. - Une surdité entraîne-t-elle automatiquement l’interdiction de conduire une moto ?
Non. L’aptitude dépend de la situation médicale et des règles applicables, et peut nécessiter une évaluation médicale. - La vision périphérique dispense-t-elle de contrôler l’angle mort ?
Non. Avant certaines manœuvres, les contrôles directs restent indispensables. - Tous les motocyclistes doivent-ils passer périodiquement un examen médical de la vue et de l’audition ?
Non. Le contrôle médical concerne notamment les situations et affections prévues par la réglementation.