Bien utiliser les feux de la voiture
Bien voir et être bien vu est essentiel pour conduire en sécurité. En France, l’éclairage d’un véhicule ne sert pas seulement à éclairer la route : il permet aussi aux autres usagers de vous repérer, d’évaluer votre position, votre largeur et vos intentions.
Les différents feux à connaître
Les feux de position
- Ils rendent le véhicule visible, surtout la nuit ou quand la luminosité baisse.
- Ils n’éclairent presque pas la route.
- Ils peuvent être utilisés seuls seulement quand cela est suffisant pour être vu, par exemple à l’arrêt ou dans certaines situations très éclairées, mais pas pour rouler normalement la nuit hors agglomération.
Les feux de croisement
- Ce sont les feux les plus utilisés.
- Ils permettent de voir sans trop éblouir les autres usagers.
- Ils doivent être utilisés :
- la nuit en agglomération si la chaussée n’est pas suffisamment éclairée ;
- la nuit hors agglomération ;
- le jour quand la visibilité est insuffisante : pluie, brouillard léger, neige, tunnel, ciel très sombre.
Exemple concret :
- Vous roulez à 18 h en hiver, il pleut et la lumière baisse. Même s’il ne fait pas totalement nuit, vous allumez les feux de croisement pour être mieux vu.
Les feux de route
- Ils éclairent très loin et très fort.
- Ils s’utilisent la nuit, hors agglomération, quand la route n’est pas éclairée et en l’absence d’autres usagers à gêner.
- Il faut les quitter dès que vous risquez d’éblouir :
- un véhicule venant en face ;
- un véhicule que vous suivez ;
- un usager vulnérable : piéton, cycliste, conducteur de deux-roues.
Exemple concret :
- Sur une route départementale de nuit, sans éclairage public, vous utilisez les feux de route. Dès qu’une voiture apparaît en face, vous repassez en feux de croisement avant de l’éblouir.
Les feux de brouillard avant
- Ils améliorent la visibilité par temps de brouillard, de forte pluie ou de chute de neige.
- Ils peuvent compléter les feux de croisement.
- Ils ne doivent pas être utilisés sans raison, car ils peuvent gêner.
Le feu de brouillard arrière
- Très puissant, il sert à être vu de loin quand la visibilité est très réduite.
- Il s’utilise uniquement en cas de brouillard ou de chute de neige.
- Il est interdit en cas de forte pluie seule, car il éblouit les véhicules derrière.
Exemple concret :
- Sur autoroute, le brouillard devient dense : vous allumez vos feux de croisement et votre feu de brouillard arrière. Si le brouillard se dissipe, vous l’éteignez immédiatement.
Les feux diurnes
- Sur beaucoup de voitures récentes, ils s’allument automatiquement de jour.
- Ils rendent le véhicule plus visible, mais ne remplacent pas toujours les feux de croisement quand la visibilité devient mauvaise.
- Il faut vérifier si l’arrière du véhicule est aussi éclairé, car ce n’est pas toujours le cas.
Règles essentielles selon les situations
De jour, par beau temps
- Les feux diurnes ou l’éclairage automatique peuvent suffire.
- Si la visibilité baisse, passez aux feux de croisement.
De nuit en agglomération
- Si la route est bien éclairée et la visibilité suffisante, les feux de croisement sont généralement adaptés.
- Les feux de route ne conviennent pas en présence d’éclairage public ou d’usagers à proximité.
De nuit hors agglomération
- Utilisez les feux de croisement.
- Passez en feux de route si la route n’est pas éclairée et si vous ne gênez personne.
Par pluie
- Utilisez les feux de croisement.
- Les feux de brouillard avant peuvent aider si la pluie est très forte.
- Le feu de brouillard arrière ne doit pas être utilisé sous la pluie seule.
Par brouillard
- Utilisez les feux de croisement.
- Ajoutez les feux de brouillard avant si le véhicule en est équipé.
- Utilisez le feu de brouillard arrière si la visibilité est très réduite.
- Réduisez fortement votre vitesse et augmentez les distances de sécurité.
Éviter l’éblouissement
L’éblouissement est dangereux car il diminue fortement la vision pendant quelques secondes.
Vous pouvez éblouir :
- avec les feux de route ;
- avec un feu de brouillard arrière laissé allumé inutilement ;
- avec des optiques sales ou mal réglées.
Pour éviter d’être ébloui :
- regardez plutôt le bord droit de la chaussée si un véhicule arrive en face ;
- réduisez votre vitesse ;
- gardez le pare-brise propre à l’intérieur comme à l’extérieur.
Entretien et contrôle des feux
Avant de prendre la route, il faut vérifier :
- qu’aucune ampoule n’est grillée ;
- que les optiques sont propres ;
- que les feux ne sont pas cassés ;
- que le réglage de hauteur des feux est correct, surtout si le véhicule est chargé.
Un mauvais réglage peut :
- trop éclairer le sol et réduire votre champ de vision ;
- éblouir les autres si les feux sont orientés trop haut.
Sanctions et responsabilité
Rouler avec un éclairage inadapté ou défectueux peut entraîner :
- une contravention ;
- une immobilisation possible du véhicule dans certains cas ;
- surtout, un risque important d’accident.
Pour le code de la route, retenez cette idée simple :
- quand la visibilité est insuffisante, on utilise les feux qui permettent à la fois de voir et d’être vu sans éblouir.
Essuie-glaces, désembuage et bonne visibilité
La visibilité ne dépend pas seulement des feux. Un conducteur doit aussi pouvoir voir clairement vers l’avant, sur les côtés et vers l’arrière. Cela implique des vitrages propres, des essuie-glaces efficaces, un bon désembuage et une bonne installation au poste de conduite.
Le rôle des essuie-glaces
Les essuie-glaces servent à enlever :
- la pluie ;
- la neige fondue ;
- les projections de boue ;
- certains dépôts sur le pare-brise.
Ils doivent fonctionner correctement pour maintenir une vision nette.
Les vitesses d’essuyage
Selon l’intensité de la pluie, on peut utiliser :
- un balayage intermittent ;
- une vitesse normale ;
- une vitesse rapide.
Certaines voitures possèdent un capteur de pluie, mais le conducteur doit toujours surveiller l’efficacité réelle et reprendre la main si nécessaire.
Exemple concret :
- Une pluie fine commence : l’intermittent suffit.
- La pluie devient forte sur voie rapide : vous passez à une vitesse plus élevée pour garder une vision nette.
Le lave-glace
Le lave-glace permet de nettoyer le pare-brise quand il est sali.
Il est très utile :
- en hiver, avec les projections grasses ;
- derrière un camion ;
- sur route mouillée ;
- au printemps, avec les insectes.
Bon réflexe :
- utilisez un liquide lave-glace adapté, notamment en hiver ;
- vérifiez régulièrement le niveau.
Quand les essuie-glaces fonctionnent, les feux aussi
Pour le code de la route, il faut retenir un principe pratique :
- si les conditions imposent l’usage des essuie-glaces à cause d’une mauvaise visibilité, il faut aussi penser à allumer les feux de croisement pour être vu.
Cela est particulièrement vrai sous la pluie, lors d’une averse brutale ou dans un tunnel.
Pare-brise, vitres et rétroviseurs
Le conducteur doit toujours avoir un champ de vision suffisant.
Il faut donc :
- nettoyer régulièrement le pare-brise ;
- enlever la buée ;
- dégivrer complètement avant de partir ;
- nettoyer les vitres latérales ;
- garder les rétroviseurs propres.
Un pare-brise sale peut provoquer :
- des reflets ;
- de l’éblouissement ;
- une mauvaise détection des piétons ou cyclistes ;
- une fatigue visuelle plus rapide.
Buée et givre : comment réagir
La buée
La buée se forme quand de l’air humide se condense sur les vitres.
Pour l’enlever rapidement :
- activez le désembuage avant ;
- dirigez l’air vers le pare-brise ;
- utilisez si besoin la climatisation, très efficace pour assécher l’air ;
- ouvrez légèrement une vitre quelques instants si nécessaire.
Le givre
Avant de partir, il faut :
- gratter le pare-brise ;
- dégivrer les vitres ;
- libérer la lunette arrière si elle est gelée ;
- ne jamais rouler avec seulement un petit espace dégagé.
C’est dangereux et sanctionnable, car la visibilité n’est pas suffisante.
Lunette arrière et rétroviseurs
La lunette arrière doit rester visible autant que possible. Si le véhicule est chargé, les rétroviseurs extérieurs deviennent encore plus importants.
Il faut :
- bien régler ses rétroviseurs avant de partir ;
- vérifier qu’ils ne sont ni embués ni sales ;
- ne pas coller d’objet gênant la visibilité.
Balais d’essuie-glaces usés : signes à repérer
Des balais sont à remplacer s’ils :
- laissent des traces ;
- sautillent ;
- font du bruit ;
- n’essuient plus uniformément.
Des essuie-glaces usés réduisent fortement la vision, surtout de nuit quand les phares des autres usagers se reflètent sur le pare-brise mouillé.
Équipements utiles pour mieux voir
Selon le véhicule, vous pouvez disposer de :
- lunette arrière dégivrante ;
- rétroviseurs dégivrants ;
- capteur de pluie ;
- allumage automatique des feux ;
- réglage de hauteur des feux.
Ces aides sont utiles, mais elles ne remplacent jamais la vigilance du conducteur.
Bonnes habitudes de conduite pour garder une bonne visibilité
À retenir avant et pendant le trajet :
- s’installer correctement au volant ;
- régler siège, appuie-tête et rétroviseurs ;
- vérifier les feux ;
- vérifier l’état des balais ;
- nettoyer pare-brise, vitres, phares et plaques si besoin ;
- adapter la vitesse aux conditions de visibilité ;
- augmenter les distances de sécurité en cas de pluie, brouillard ou nuit.
Exemple concret :
- Vous partez tôt le matin en automne. Les vitres sont embuées, la chaussée est mouillée et il fait encore sombre. Avant de rouler, vous désembuez complètement, vous mettez les feux de croisement, vous activez les essuie-glaces si nécessaire et vous réduisez votre vitesse.
Ce qu’il faut retenir pour le permis B
Les questions de code aiment vérifier si vous savez :
- quel feu utiliser selon la météo et l’heure ;
- quand il ne faut pas utiliser le feu de brouillard arrière ;
- qu’il faut éviter tout éblouissement ;
- qu’un véhicule doit toujours offrir une visibilité suffisante au conducteur ;
- qu’il faut entretenir feux, pare-brise, essuie-glaces et rétroviseurs.
Règle simple à mémoriser :
- Je dois voir loin, être vu clairement, et ne jamais gêner les autres usagers.