En été ou lors de fortes températures, la chaussée se dégrade plus vite. La chaleur ramollit certains revêtements, surtout le bitume. La route peut alors devenir plus souple, collante par endroits ou présenter des déformations. Ces changements modifient l’adhérence, la trajectoire du véhicule et les distances de freinage.
Pour un conducteur débutant, il faut retenir une idée simple : quand il fait très chaud, la route peut être moins régulière et moins sûre qu’elle en a l’air.
Ce que la chaleur provoque sur la chaussée
La chaleur peut entraîner :
- un ramollissement du revêtement ;
- des ornières, surtout sur les routes très circulées ;
- des saignées de bitume ou remontées de liant en surface, rendant la route plus grasse ;
- des déformations localisées ;
- des gravillons après un entretien superficiel ou une réparation ;
- une dilatation de certains matériaux, pouvant créer des irrégularités.
Sur certaines portions, on peut aussi rencontrer une chaussée qui devient brillante ou lisse, ce qui peut réduire l’adhérence de certains pneus, notamment en deux-roues, mais aussi en voiture lors d’un freinage appuyé ou d’un virage pris trop vite.

Risques pour la conduite
La dégradation de la chaussée sous l’effet de la chaleur peut provoquer :
- une moins bonne tenue de route ;
- une direction moins précise ;
- un allongement de la distance de freinage si la surface est très lisse ou grasse ;
- des écarts de trajectoire dans les ornières ;
- un risque accru d’éclatement ou de détérioration des pneus si ceux-ci sont déjà usés ou mal gonflés ;
- une fatigue supplémentaire du conducteur, car il faut corriger plus souvent la trajectoire.
Le danger augmente encore si la chaleur est combinée à :
- une vitesse élevée ;
- un véhicule chargé ;
- des pneus sous-gonflés ;
- un revêtement ancien ou en mauvais état.
Situations concrètes à connaître
Sur autoroute
Sous de fortes chaleurs, les voies les plus empruntées par les poids lourds peuvent présenter des ornières. Si vous roulez vite et que vos roues se placent dedans, le véhicule peut sembler « guidé » par la route. Il faut alors :
- tenir le volant fermement ;
- éviter les coups de volant ;
- réduire légèrement l’allure si les conditions le permettent ;
- garder une distance de sécurité importante.
En virage
Un bitume ramolli ou une route réparée récemment peut offrir une adhérence moins régulière. En entrant trop vite dans le virage, le véhicule peut élargir sa trajectoire. Il faut donc :
- adapter sa vitesse avant le virage ;
- freiner de préférence avant d’entrer dans la courbe ;
- accélérer progressivement à la sortie si l’adhérence est correcte.
En ville
En zone urbaine, la chaleur peut dégrader les zones de freinage fréquentes : carrefours, arrêts de bus, approches de feux. On peut y trouver des bosses, des affaissements ou un revêtement lustré. Cela demande plus d’attention, notamment derrière un deux-roues, un cycliste ou un piéton.
Conduite à tenir par forte chaleur
Face à une chaussée dégradée par la chaleur, la règle essentielle est : ralentir et anticiper. Le Code de la route impose au conducteur de rester constamment maître de sa vitesse et de son véhicule, en tenant compte de l’état de la chaussée, de la circulation et des conditions météorologiques. Même sans panneau particulier, vous devez donc adapter votre allure si la route est abîmée ou moins adhérente.
Les bons réflexes de conduite
- Réduire la vitesse dès que la chaussée semble déformée, brillante ou gravillonnée.
- Augmenter les distances de sécurité.
- Éviter les manœuvres brusques : freinage violent, accélération forte, changement de file sec.
- Tenir le volant avec précision, surtout sur route déformée.
- Observer loin pour repérer les zones ondulées, les réparations, les gravillons ou les traces de bitume.
- Rester dans une trajectoire stable.
Si la route est très dégradée :
- ralentissez franchement ;
- ne serrez pas inutilement le bord droit si celui-ci est abîmé ;
- franchissez les irrégularités en douceur ;
- évitez de freiner fort au dernier moment.
Pneus, véhicule et sécurité
La chaleur n’abîme pas seulement la route : elle met aussi le véhicule à l’épreuve.
Avant un trajet estival ou pendant une période caniculaire, vérifiez :
- la pression des pneus selon les préconisations du constructeur ;
- l’état d’usure des pneus ;
- le niveau de charge du véhicule ;
- l’état général du véhicule, surtout si vous partez loin.
Des pneus sous-gonflés chauffent davantage et résistent moins bien aux contraintes. Sur une chaussée chaude et déformée, cela augmente les risques.
Signalisation et entretien de la route
Lorsqu’une chaussée est dégradée ou en cours de réparation, vous pouvez rencontrer une signalisation temporaire : limitation de vitesse, panneaux de danger, gravillons, travaux.
Le conducteur doit toujours respecter cette signalisation. Elle peut annoncer :
- une route rendue glissante par un revêtement neuf ;
- une chaussée déformée ;
- une réduction de voie ;
- des gravillons susceptibles d’endommager le véhicule ou de diminuer l’adhérence.

Ce qu’il faut retenir pour l’examen du code
Pour le permis B, on attend de vous que vous sachiez que la chaleur peut :
- ramollir la chaussée ;
- déformer le revêtement ;
- réduire la qualité de roulement et parfois l’adhérence ;
- imposer une adaptation de la vitesse et de la conduite.
La bonne réponse pratique est presque toujours :
- je ralentis ;
- j’augmente mes distances ;
- j’évite les actions brusques ;
- je surveille l’état de mes pneus.
Exemple simple de bonne réaction
Vous circulez un après-midi d’été sur une route départementale. Vous voyez au loin une chaussée qui semble onduler, avec quelques raccords de bitume plus sombres. La bonne conduite consiste à :
- lever le pied ;
- garder une trajectoire souple et régulière ;
- éviter de dépasser si la route est étroite ou irrégulière ;
- conserver un espace suffisant avec le véhicule devant.
Ce comportement est conforme à la logique du Code de la route : adapter sa conduite à l’état réel de la chaussée.
